21.05.2008
A Dieppe Comité pour un Nouveau Parti Anticapitaliste
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les Anticapitalistes -comité dieppois pour un nouveau parti- 06 78 92 75 30 |
Le temps est venu de démanteler la politique de Sarkozy
faisons le reculer, tous ensemble !
Ce gouvernement attaque sur tous les terrains, il méne une politique globale.Il cherche à nous épuiser, dossier après dossier, régression après régression, pour au bout du compte, transformer la société en une jungle libérale encore plus inégalitaire, encore plus dure pour les plus vulnérables et encore plus profitable pour les actionnaires.
Il n’y a qu’une réponse possible : se mobiliser ensemble.
Ni la défaite électorale, ni les mobilisations sectorielles ne font plier ce gouvernement.
La droite prend une claque électorale cinglante lors des municipales, elle reçoit un vrai désaveu de sa politique. Dans les semaines qui suivent, le gouvernement multiplie les attaques : il annonce un plan de licenciement massif contre les fonctionnaires et la destruction de la fonction publique, il vole 600 € aux familles qui bénéficient des allocations familiales, il s’en prend aux malades avec les franchises médicales, aux chômeurs en les menaçant de radiation en cas de refus « d’offre d’emploi valable »…
La résistance à toutes ces contre-réformes existe, elle se manifeste dans de nombreuses luttes. Au cours des derniers mois , les journées d’action sans suite, secteur par secteur, se sont multipliées. Mais on voit bien qu’une seule journée, même réussie, ne suffit pas.
Le 22 mai, nous ne pouvons nous satisfaire de réclamer mollement « une retraite solidaire ». Nous avons besoin d’une grève, interprofessionnelle massive et reconductible, dans le public comme dans le privé, pour contester le bien-fondé de la réforme, pour exiger une retraite pleine et entière à 60 ans (55 ans pour les travaux pénibles) après 37,5 années de cotisations, à 75 % du meilleur salaire et pas moins de 1500 euros.
C’est, maintenant, le moment d’engager le combat social.
Alors oui, pour stopper les attaques de Sarkozy, il faut lui infliger une défaite sur le terrain des luttes. Pour cela, nos résistances doivent se développer et se centraliser vers un mouvement d’ensemble. Seule une épreuve de force de longue durée peut faire plier la droite et le patronat.
On ne peut pas attendre 2012 et laisser, d’ici là, les réformes sarkozystes ravager la société et nos vies. Le temps n’est pas à « limiter les dégâts », car, avec une telle politique, on ne limite rien et on recule sans arrêt.
Le choix est clair, soit attendre avec la certitude de vivre de plus en plus mal, soit organiser la grève générale reconductible pour prendre l’offensive et battre ce gouvernement et ses réformes.
D’années en années se développe une politique de plus en plus réactionnaire revenant sur plus d’un siècle de conquêtes sociales. Nous subissons une remise en cause de tous les droits fondamentaux : droit au travail, droit au logement, droit à la culture et à l’éducation, droit à la santé et à la retraite, droit de libre circulation des hommes et des idées, droit à la paix et bien sûr casse des solidarités collectives avec le démantèlement des services publics. Contre cette politique se développent de nombreuses ,le CPE, la guerre en Irak, la remise en cause du droit à la retraite...Mais elles restent souvent infructueuses, en particulier quand un syndicalisme "d’accompagnement" prend le pas sur un syndicalisme de lutte de classe .
A celles et ceux qui luttent, dans leurs entreprises, dans leurs services, dans leurs ateliers, dans leurs quartiersil manque un débouché politique, un projet de société alternatif. Ce quine peut venir du Parti socialiste et de ses alliés dont le programme est l’adaptation au libéralisme. La seule proposition crédible est celle d’un changement de société qui en finisse avec l’exploitation de l’homme par l’homme, avec le pillage de la planète et la destruction de la nature, le machisme, le racisme, la domination impérialiste et les occupations militaires.
Depuis plusieurs mois, se constitue avec la LCR mais aussi avec beaucoup d’autres des comités d’initiatives pour la création d’un nouveau parti anticapitaliste. Ces comités composés de militants issus d’histoire et d’itinéraires différents appellent à la création d’un nouveau parti, qui soit l'héritier du meilleur des combats passés, sans reproduire les erreurs qui nous ont menés dans l'impasse. Un parti qui affirme clairement son refus de la gestion du capitalisme comme la soumission aux institutions de la classe dominante, et qui affirme son indépendance vis-à-vis du Parti Socialiste. Un parti qui place le débat démocratique au centre de toute prise de décisions, de toute mise en œuvre et qui réconcilie le mouvement social et la lutte pour une autre société, une société où les choix seront faits démocratiquement et non pas dictés par les marchés financiers.
A Dieppe et dans sa région, les Anticapitalistes -comité dieppois pour un nouveau parti- s'est constitué, regroupant des jeunes, étudiants, travailleurs et privés d'emploi. Dès les premières réunions, une dynamique forte s'est affirmée montrant le besoin et le potentiel sur le plan local d'un parti qui accepte de s'attaquer sans compromissions aux maux engendrés par le système et donc au capitalisme lui-même. Si le comité comporte quelques militants de la LCR, il réunit surtout dès maintenant des militants associatifs et syndicaux ayant d'autres expériences politiques ou n'ayant jamais eu de carte... Nous nous adressons à tous ceux et à toutes celles
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Qui luttent contre Sarkozy et le Medef, pour le droit à l'emploi, le droit au logement, le droit à la santé, à l'éducation, à une retraite digne…
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Qui luttent contre la destruction de notre environnement, l'exploitation des hommes et la marchandisation de la nature, qui veulent construire une société respectueuse de l'environnement et de la justice sociale.
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Qui se solidarisent avec les peuples en luttes pour le droit à disposer d’eux-mêmes et de leur terre, qui luttent pour la régularisation de tous les sans-papiers.
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Dont les mobilisations régulières pour un monde meilleur font trembler le gouvernement et les puissants.
Les Anticapitalistes dieppois vous invitent à les rejoindre, à élaborer ensemble nos bases d'orientation, à prendre part à l'action décidée en commun
Pour nous contacter 06 78 92 75 30
Prochaine réunion le 31 avril
10:12 Publié dans actualité locale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau parti anticapitaliste, sarkozy, gouvernement, grève, mouvement social, réunion, lcr
06.04.2008
Blogosphere anticapitaliste
Quelques sites viennent de naitre :
Bouches du Rhône :NPA13
Fac de Rangueil à Toulouse : Fac de Rangueil
Fac de Jussieu à Paris : nouvparti.Jussieu
Paris 18e : anticapitaliste Paris 18
Vaucluse : : Vaucluse anticapitaliste
Morbihan : anticapitaliste 56
Val d’Oise Est : anticapitaliste du 95
08:16 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouveau parti anticapitaliste
05.04.2008
Pour un Nouveau Parti Anticapitaliste ?
DIEPPE DEMOCRATIE DIRECTE, est un réseau local d'expression (pour la réflexion et l'action) de militants franchement à gauche de plusieurs sensibilités et( d'engagements divers : gauche de combat (proches ou membres du PCF), anticapitalistes, antilibéraux, libertaires, syndicalistes révolutionnaires, marxistes... La majorité des participants à Dieppe3D n'ont pas de "carte politique" en poche mais se définissent plus comme "sympathisants" de l'un ou l'autre de ces courants. PLusieurs sont miltants syndicaux et/ou associatifs. Précisons aussi que pour l'instant Dieppe3D n'est pas une association structurée mais reste un "réseau" informel. Donc il n'y a pas, en l'état actuel des "membres" et "non membres".
Notre but à tous est qu'à Dieppe et dans les alentours, une force de classe, indépendante et démocratique puiisse se constituer. Notre propre participation à ce processus est de favoriser l'expression militante dans sa diversité sous différentes formes et partculièrement par le moyen d'internet. NOtre référence est celle développée par la Commune de Paris de 1871 : la Démocratie Directe.
Dans ce cadre, la proposition d'Olivier Besancenot de la LCR d'un Nouveau Parti Anticapitaliste, est un sujet possible de débat intéressant pour les militants et citoyens de toutes tendances de gauche. Quant à ce projet de parti, plusieurs d'entre nous (pas tous) uy sont favorables.
C'est pourquoi nous publions aujourd'hui le point de vue d'un militant, Raoul Marc JENNAR. Nous espérons favoriser ainsi la discussion. Les points de vue complémentaires, différents ou opposés peuvent bien sûr s'exprimer : sous formes de commentaires ou d'articles à nous envoyer.
Bonne lecture!
à Dieppe le 5 avril 2008, Mouloud
Phnom Penh, 31 mars 2008
GAUCHE DE GAUCHE : COMMENT JE VOIS LES CHOSES
Je suis, pour le moment, loin de France, mais tellement proche par le cœur et par la pensée. D’excellents amis s’emploient chaque jour à m’envoyer informations et documents. Je reçois aussi très régulièrement des courriels qui m’expriment des opinions et sollicitent la mienne. Je suis intervenu dans des échanges sur l’avenir de la gauche de gauche. Le moment me semble venu de synthétiser mon point de vue.
D’abord, je voudrais revenir sur 2006, l’année de l’espérance fracassée, ce qui implique de ma part la reconnaissance de certaines erreurs d’analyse :
1. Les 125 propositions. Ce n’était pas un projet de société ; ce n’était même pas un programme présidentiel ; c’était tout au plus un catalogue d’intentions pour un programme gouvernemental. Ces propositions contenaient des incohérences nées d’une volonté de concilier des points de vue relevant de conceptions très éloignées de la fonction de l’économie dans la société. Une réponse identique aux problèmes posés par les finalités de la production et de l’échange n’existait pas.
Il faut en tirer une leçon qui ne me semble pas assez présente dans les débats d’aujourd’hui : on ne peut rassembler au-delà d’une même vision globale du futur. Rassembler sur un projet qui se contente d’être « antilibéral » ou « anticapitaliste », c’est-à-dire un projet qui se limite à exprimer des rejets fussent-ils partagés, ne fournit pas le lien fort nécessaire pour bâtir une coalition porteuse d’une espérance commune. Rassembler sur une utopie – pour les uns l’autogestion, pour d’autres la décroissance, pour d’autres encore l’écologie, chacune présentée comme la réponse à tout – ne peut davantage suffire, car un projet de société, même visionnaire, doit rester crédible.
2. Les relations avec le PS. Au sein du collectif national, nous étions profondément divisés sur notre perception du PS. Certains partageaient avec un certain nombre de ceux qui militent courageusement au sein du PS la conviction que le PS pouvait modifier son orientation néolibérale et qu’un nouveau rapport de forces à gauche y contribuerait ; d’autres, dont j’étais (j’avais adressé une lettre ouverte aux socialistes du « non » après le congrès du Mans et sa synthèse inacceptable), développaient la théorie dite des deux gauches. Ce sont les premiers qui l’ont emporté. Or, la suite a confirmé et même accentué la dérive néolibérale massive du PS avec la candidature de Ségolène Royal, les ralliements qu’elle a suscités y compris de la part d’anciens ténors PS du « non », l’orientation du programme du parti et de sa candidate et ses appels au Modem. Il faut tirer les conséquences de cette évolution. Il ne peut y avoir de rassemblement d’une gauche de gauche en dehors d’un constat non équivoque : le PS comme tel n’est pas un partenaire pour la transformation sociale.
3. La question du pouvoir. Toute notre démarche (voir le document stratégique) reposait sur un postulat : nous nous battons pour le pouvoir, nous entendons gouverner. Nous avons entretenu l’illusion jusqu’en décembre 2006 que c’était à portée de main. Je crois que ce fut une erreur majeure. Ce fut une erreur parce que cela ne reposait que sur un acte de foi. Je crois aux vertus mobilisatrices du volontarisme. Mais à partir d’un minimum d’éléments concrets. Il est certain qu’une candidature unique de la gauche de gauche aurait fait l’évènement et aurait créé un nouveau rapport de forces à gauche. C’était une erreur de croire et de faire croire que nous pouvions nous substituer au PS comme premier parti à gauche. Nous avons cultivé cette illusion en nous appuyant sur les résultats du référendum et sur la place du « non » de gauche dans ce résultat. Je crois aujourd’hui que nous avons commis une erreur et que le « non » de droite était plus important que ce que nous avons cru et affirmé. Ce qui signifie que notre candidat(e) unique n’aurait pas pu espérer l’emporter. Et qu’aux législatives, dans le meilleur des cas, nous n’aurions été en position que de négocier une participation gouvernementale. Ce qui signifiait en fait la reconduction de la gauche plurielle. Nous avions indiqué que nous refuserions cette perspective, mais il était manifeste que ce n’était la position ni du PCF, ni même de certains « altermondialistes » comme la suite des évènements l’a mis en évidence. Il y avait dans nos rangs des gens et des structures prêts à collaborer avec le PS. Nous n’aurions donc été, dans l’hypothèse la plus favorable, que l’élément d’appoint du PS et alors se serait immédiatement posée la question des concessions à faire, c’est-à-dire la question de notre capacité à conduire vers une réelle transformation sociale. Reconnaissons aujourd’hui que la direction de la LCR avait quelques raisons de douter de notre capacité à faire fléchir le PS. Nous avons perdu le soutien de la LCR parce que nous avons cessé avec le document « Ambitions et stratégies » d’être crédibles sur nos ambitions et notre capacité à les réaliser.
C’est la leçon que je tire aujourd’hui : une ambition crédible doit être triple :
- nous devons être les porteurs d’un projet pour une autre société
- nous devons être la force qui se crée autour des luttes à la fois de résistance au capitalisme et d’alternative à ses pratiques
- nous devons construire une force en capacité d’influencer : nous ne devons pas lutter pour le pouvoir, nous devons lutter pour avoir du pouvoir, c’est-à-dire de l’influence ; une influence telle qu’elle force les autres à changer.
Cette triple ambition nécessite un outil approprié : nous devons créer un nouveau sujet politique.
C’est qui « nous » ? Pour faire court, je dirai les acteurs possibles de la gauche du non.
Passons-les en revue. Mais avant souvenons-nous que la campagne référendaire, c’est-à-dire l’action à la base de militants venus de tous les horizons (partis politiques, syndicats, mouvements, associations, ONG, y compris de femmes et d’homme ayant renoncé à militer dans un parti et d’autres n’ayant jamais milité du tout), a provoqué le plus formidable débat politique en France comme on n’en avait plus connu depuis Mai 1968. Je suis de ceux qui pensent que cette réappropriation du politique par les citoyennes et les citoyens n’a pas encore produit tous ses effets.
Même si certains de ces effets sont déjà observables. Le monolithisme des partis à la gauche du PS a vécu. Une nébuleuse de sympathisants de thèses alternatives (Alternatifs, Altermondialistes, Décroissants,…) est apparue au sein de laquelle des aspirations variées se manifestent.
Il y a donc bien eu un ébranlement. On en a vu des traces : lors du premier tour de l’élection présidentielle, des PCF unitaires et des LCR unitaires ont fait campagne pour d’autres candidats que celle ou celui de leur parti. Lors du premier tour des élections municipales, des alliances en tous genres se sont constituées, certaines dans la cohérence du rejet du système, d’autres dans la cohérence du maintien du système.
Qu’est-ce qui émerge aujourd’hui ?
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Du PCF, rien pour le moment, en dehors de propos incantatoires en faveur de l’unité de toute la gauche du non, propos partagés par des cartels de personnalités comme « Maintenant à gauche » ou ce qui reste du Collectif national du 29 mai. Une unité de cette ampleur est en fait impossible, comme 2006 nous en a fourni la démonstration. On ne rassemble pas des contraires sur un projet pour l’avenir.
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De la LCR, la décision de transformer le parti en un nouveau parti anticapitaliste.
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Du côté des « Alter », la recherche improbable d’une structuration incertaine de gens dont la plupart ne se retrouvent que pour manifester haut et fort ce qui les différencie.
Bref, j’ai le sentiment que sur le champ de ruines que je décrivais dans ma note du 15 juin 2007 (« Pour une gauche nouvelle ») la reconstruction n’a pas encore vraiment commencé. J’avais alors espéré que la gauche nouvelle que j’appelais de mes vœux puisse naître du rassemblement des « Alter », riches de la variété de leurs idées, de leur désintéressement et de leur lucidité. J’avais invité à ce que se multiplient des réunions pour penser un projet de société et des nouvelles manières d’agir ensemble dans l’espace publique. Même si le manifeste de La Louvesc est un beau texte, force m’est de constater qu’il n’a pas mis fin aux divisions des « Alter » engagés dans un processus hallucinant de scissiparité qui confirme les analyses de Bourdieu. Sans parler de toutes celles et tous ceux qui se sont retirés dès 2006, dégoûtés par nos impuissances cumulées.
Triste tableau. Et pourtant. Pourtant, il y a une initiative concrète : celle de la LCR. Elle est la seule. Quel accueil faut-il lui réserver ?
J’observe que ceux qui ne conçoivent que des cartels d’appareils l’ont d’emblée descendue en flammes. Le numéro de Politis du 24 janvier en offre une spectaculaire démonstration. J’observe aussi le ni-ni d’une partie des « Alter » (ni le PCF-ni la LCR). Quelle ironie de l’Histoire que de voir ceux qui ne conçoivent l’action politique qu’au travers de négociations d’états-majors et ceux qui récusent les appareils devenir, comme disent les marxistes, des alliés objectifs !
Le ni-ni d’une partie des « Alter » ne débouche que sur l’impasse de l’éparpillement dans l’addition des sectarismes. Restons lucides sur ce qu’ont été le PCF et la LCR et sur ce qu’ils sont aujourd’hui, mais surmontons nos rancœurs et nos déceptions de 2006/2007 (et je n’ai pas manqué d’exprimer les miennes) et voyons quelles sont les possibilités concrètes de construire un nouveau sujet politique. Et avec qui.
Je considère comme positif qu’un des partis de la gauche du non se remette en question et ouvre des perspectives nouvelles. Bien entendu, ce qui se prépare suscite des interrogations et même, chez certains, de la méfiance. Bien entendu, cette initiative appelle à tout le moins qu’on en débatte. Mais voyons là un fait nouveau. Car, c’est trop rare à gauche qu’un parti décide de se transformer.
Jusqu’à quel point ? C’est bien là toute la question. Mais je me refuse à faire partie de ceux qui d’emblée écartent une initiative parce qu’elle n’entre pas dans les schémas qu’eux veulent rendre incontournables. Pourquoi décider immédiatement que ce n’est qu’un ravalement de façade ? Au nom de quoi affirmer que la LCR ne modifiera pas ses pratiques internes ? Pourquoi décréter dès maintenant qu’il ne s’agit que d’un subterfuge ?
Peut-être est-ce tout cela. Peut-être. Mais avant de l’affirmer ne conviendrait-il pas de vérifier ? Pourquoi ne pas tester la LCR sur l’ampleur des changements qu’elle annonce ?
Nous nous prétendons cartésiens, nous disons ne vouloir affirmer que ce que nous avons démontré. Il serait temps de conformer nos attitudes aux principes que nous claironnons.
Je ne propose pas de dire d’emblée oui à la LCR. Mais je me refuse à dire non, dès à présent. Je propose de discuter avec elle pour vérifier ses intentions et savoir jusqu’où elles vont. En gardant toute ma liberté. Et ma proposition n’empêche en aucune façon les Alter de poursuivre leurs tentatives de s’organiser, s’ils sont enfin capables de surmonter leur individualisme exacerbé, leur sectarisme, leur propension à couper les cheveux en quatre.
Je ne veux pas prendre le risque de rater un nouveau rendez-vous avec l’Histoire. Parce que, et c’est cela qui m’angoisse par-dessus tout, nous sommes confrontés à une double urgence : l'urgence sociale et l'urgence écologique. Ceux qui ne possèdent que leur force de travail sont de plus en plus nombreux à sombrer dans la pauvreté ; les agressions contre notre cadre de vie et la planète toute entière sont chaque jour plus nombreuses et annoncent des catastrophes majeures. Deux évolutions qui trouvent une même origine : le système capitaliste. Il détruit des vies et il détruit la vie. Ainsi doivent nécessairement se rejoindre les sensibilités sociales et les sensibilités écologiques. Nous n’avons pas l’éternité devant nous. Il ne s’agit pas, bien entendu, de se précipiter et de bâcler ce qui demande réflexions et débats. Mais il ne peut être question de passer par pertes et profits les souffrances humaines qui s’accumulent et les déséquilibrent écologiques qui s’accélèrent au prétexte qu’il faut prendre tout son temps pour construire un nouveau sujet politique. Si – ET SEULEMENT SI - la mutation de la LCR offre une vraie opportunité, il faut la saisir.
Et qu’est-ce que ça coûte de dialoguer avec la LCR ? Serions-nous devenus des politiciens traditionnels que ne veulent jamais prendre le risque de dire « nous nous sommes trompés » ? Rejoignons-nous la cohorte des infaillibles de droite et de gauche dont les erreurs cumulées font nos malheurs ? En outre, en quoi serait-ce une erreur que d’entamer un dialogue même s’il n’aboutit pas à une conclusion positive ?
Ce n’est pas ma conception de la politique de rester pétrifié dans des certitudes quand il s’agit de modalités et non de principes. Or, à mes yeux, un parti n’est qu’un outil, un instrument pour réaliser des objectifs. C’est un moyen pour réaliser un projet. Pas une fin en soi.
J’ai une série de questions à poser aux dirigeants de la LCR sur le projet politique, sur les modalités de son élaboration et de son approbation, sur la manière dont elle va prendre en compte les différentes cultures politiques des militants qu'elle souhaite rassembler et sur le mode de fonctionnement de la nouvelle formation politique. J’observerai aussi la suite du processus qu’elle a enclenché en son sein. Et, d’ici à la fin de l’année, en toute liberté, en pleine connaissance de cause, après avoir débattu avec le plus grand nombre, je prendrai attitude. J’ignore aujourd’hui ce qu’elle sera. Chacun peut en faire autant.
Il ne suffit pas de proclamer qu’on veut faire de la politique autrement. Il faut se comporter en conséquence. Il ne suffit pas d’appeler à l’unité. Il faut tenter concrètement de la faire. Et ne pas avoir peur d’aller au charbon.
Raoul Marc JENNAR
Militant et chercheur altermondialiste
10:40 Publié dans débats | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : nouveau parti anticapitaliste, lcr, pcf, antilibéral, gauche
09.02.2008
Face à Sarkozy où est l’opposition ?
Nous avons lu la contribution ci-dessous sur le site de la Gauche Révolutionnaire (GR), une des rares petites organisations d'extrème-gauche à avoir répondu positivement à l'appel de la LCR à construire un Nouveau Parti Anticapitaliste.
Le thème de cet article : nécessité d'une véritable "opposition", nature du "sarkozysme", perspectives de lutte nous a paru d'un intérêt majeur pour les lecteurs de ce blog Dieppe Démocratie Directe, bien que la GR ne soit pas présente à Dieppe. C'est pourquoi nous le reproduisons ci-dessous.
ARTICLE PARU DANS LE MENSUEL L'EGALITE
Il est partout, on ne voit que lui, on n’entend que lui… et cela agace bon nombre d’entre nous ! Au delà du personnage ultra médiatique, force est de constater que Sarkozy développe une méthode qui est bien plus qu’un habile style de communication. Cette «méthode Sarkozy», qui a anéanti l’opposition (qui n’a pas trop cherché à résister d’ailleurs…) pousse aussi à une confrontation accrue avec les travailleurs, d’où l’extrême polarisation entre les pro et anti-sarko.
La «méthode Sarkozy» c’est un bulldozer ultra-libéral assorti d’une démagogie populiste et réactionnaire. Sa campagne en a été un exemple frappant. Tel un Bonaparte, il a réussi à apparaître comme un dirigeant au dessus des classes sociales et des appareils, mettant sa propre personne en jeu et forçant ses adversaires à suivre le rythme qu’il avait défini. Arrivé au pouvoir, il garde la même stratégie, annonçant chaque jour de nouvelles attaques, avec des avancées et des reculs tactiques mais en gardant toujours un cap ultra libéral. Cette omniprésence, cette communication aussi habile soit elle, ce rythme effréné de contre réformes ne sauraient faire oublier les fondamentaux politiques, économiques et sociaux de la lutte des classes.
«Ouverture» et paralysie de l’opposition politique
Alors que le PS, principal parti dit «d’opposition», s’emmêle dans les querelles de chefs et ne propose qu’un programme similaire à celui de la droite dans le fond, Sarkozy leur a asséné un coup dur en débauchant certains de ses dirigeants. Cela lui a permis de n’avoir qu’un seul rival crédible, Ségolène Royal, celle qui assume le mieux un programme libéral mais qui, affaiblie par la défaite aux élections et les divisions dans son parti, ne représente pas une menace sérieuse pour le moment. Car en fin de compte, c’est autant la passivité du PS et de ses alliés que la méthode de Sarkozy qui lui permettent d’être omniprésent et d’avoir un grand espace devant lui pour mener ses attaques.
Intégration accélérée des syndicats à l’appareil d’état
Pour faire passer son programme ultra libéral, Sarkozy et le patronat ont réussi à s’appuyer sur le zèle des directions syndicales et leur volonté d’être des «partenaires». La principale leçon à tirer de la grève des cheminots de Novembre 2007 est que la défaite n’est pas due à un manque de combativité des travailleurs, ni même à la «méthode Sarkozy», c’est la trahison des directions syndicales la principale responsable. Lorsque Thibault, secrétaire général de la CGT, rencontre Sarkozy à quelques heures du début de la grève alors que le gouvernement dit clairement qu’il n’y a rien à négocier, cela envoie le message au patronat et au gouvernement que les directions syndicales n’iront pas au bout du conflit et qu’ils peuvent donc continuer leurs attaques et même les accélérer.
Faiblesse de sa base sociale et questions économiques
Les premières limites sont apparues à l’automne dernier avec les premières luttes d’opposition à la politique du gouvernement (marins pêcheurs, cheminots…). Cela s’est vu aussi aux réactions d’indignation à l’annonce de l’augmentation de salaire que Sarkozy s’est octroyé, alors qu’il ne cesse de déblatérer sur les soi disant «nantis» et les «privilégiés» que seraient les fonctionnaires, chômeurs et autres bénéficiaires des minima sociaux.
La principale faiblesse de Sarkozy est la faiblesse de sa base sociale. Il est soutenu en majorité par la frange la plus âgée de la population, et 78% des catégories les plus aisées ont voté pour lui, il est aussi majoritaire dans la petite bourgeoisie (professions libérales, artisans, agriculteurs…). S’il a réussi lors des élections à attirer une partie des ouvriers et des classe moyennes, cette partie de son électorat ne lui apporte pas un soutien sans faille, loin de là. Les dernières luttes et les réactions sur la baisse du pouvoir d’achat, l’opposition à la politique sociale du gouvernement le montrent.
Ce qui risque aussi de compliquer grandement la situation pour le gouvernement, c’est la faible marge de manœuvre économique dont il bénéficie. Le volontarisme affiché sur la croissance va se confronter à la montée de l’inflation et au risque de plus en plus précis de récession économique mondiale. Il apparaîtra alors de plus en plus clairement que les promesses sur le pouvoir d’achat et le fameux «travailler plus pour gagner plus» ne sont que des mensonges destinés à favoriser le patronat.
Pour les travailleurs et les jeunes, il ne s’agit pas d’attendre que les faiblesses et limites de Sarkozy se développent. Mais il faut dès aujourd’hui s’organiser politiquement pour préparer ce qui manque de façon cruciale face à Sarkozy : une vraie opposition politique : une alternative au capitalisme.
Virginie Prégny
L'Egalité n°129 (Janvier-Février 2008)
10:45 Publié dans nous avons lu | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Sarkozy, opposition, anticapitaliste, Bonaparte, démagogie, Nouveau Parti Anticapitaliste



