21.03.2008

La démocratie locale ne doit pas être un gadget

Tribune libre - Article paru
le 18 mars 2008

dans L'HUMANITE


L’invité de la semaine

Sébastien Jumel

Maire communiste de Dieppe (Seine-Maritime).

« La démocratie locale ne doit pas être un gadget »

S’il est une question aujourd’hui essentielle pour les militants et élus que nous sommes, c’est bien celle de la démocratie locale.

À juste titre, les citoyens entendent désormais être considérés comme tels et ne plus être cantonnés à un rôle de simple électeur, validant ou sanctionnant les politiques mises en place. Car, lorsqu’on prend le soin de rencontrer les habitants, de les écouter, on sait qu’ils réfléchissent avec intelligence et qu’ils ont un profond sens des réalités sur l’avenir de leur quartier et leur cadre de vie. Partout on trouve la même énergie, la même envie d’agir.

La liste d’union de la gauche que j’ai conduite a placé au coeur de son projet la participation des habitants, la nécessité de placer les questions de démocratie locale au centre de la gestion municipale. C’est non seulement une nécessité, car la défense et le renforcement des services publics de l’éducation ou de la santé par exemple imposent de réfléchir et d’agir concrètement avec les habitants. Mais c’est surtout un souhait fortement exprimé par les Dieppoises et les Dieppois. Dans notre esprit, cela ne peut et ne doit pas être un gadget ou un discours racoleur, tant les attentes sont grandes. C’est la raison pour laquelle nous voulons rendre incontournable la participation des citoyens aux décisions qui les concernent, aux décisions qui engagent l’avenir de notre ville. Les expériences menées depuis longtemps, notamment par des villes administrées par des maires communistes, ont ouvert la voie. D’ores et déjà, pendant plusieurs mois, au fil des rencontres et des réunions dans les quartiers, nous avons travaillé avec l’ensemble des forces vives et en contact permanent avec les habitants, à l’élaboration de notre projet. Nos propositions ont été nourries et validées, au porte-à-porte, dans les réunions publiques, lors de rencontres à la porte des entreprises, des services publics, à l’entrée des écoles, des collèges et des lycées. Il ne s’agit pas seulement d’informer, mais d’organiser la participation des habitants au débat, à la réflexion collective et à l’élaboration des réponses aux petits et grands problèmes qui les concernent. Nous mettrons notamment en place :- des conseils de quartiers dotés de budgets participatifs ;- une cellule de veille économique, pour anticiper les problèmes et développer l’emploi ;- une instance locale de concertation sur l’école, pour définir une véritable politique éducative cohérente et partagée ;- un conseil des aînés, pour préparer une nouvelle approche des questions de dépendance et de solidarités intergénérationnelles. Pour tout cela, la richesse et la diversité du tissu associatif constitueront un point d’appui solide. Ce que nous voulons, c’est rendre la ville à ses habitants.