29.01.2008

Rassemblements au Havre

LA CNT 76 COMMUNIQUE : 
 

Répression contre ceux qui bougent

Les salariés licenciés des verreries de Graville passent au tribunal d’Instance du Havre en référé prud’homal le 31 janvier à 9H. Allons les soutenir.

Précarité

Rassemblement des AVS/EVS le 6 février à 17H à l’Inspection académique, rue Clovis. Apportons leur notre soutien. Notre précarité c’est leurs profits !

25.01.2008

Solidarité avec ceux de Saverglass Le Havre

Mardi 22 janvier 2008

Saverglass Le Havre : après la grève, la chasse aux militants... jusqu'à la mort ?

Courrier reçu epublié dans la boîte aux lettres du blog Où va la CGT ? . Voir également sur le site de la CGT du Verre.
Symptomatique de la dureté de l'affrontement de classe, et de  la répression patronale. Comme indiqué dans le courrier ci-dessous, n'hésitez pas à envoyer des messages de soutien , à l'adresse cetourres@wanadoo.fr.


Au Havre, après la grève vient le temps de la répression patronale …

La répression frappe de plus en plus fort dans tous les secteurs et principalement là où les salariés prétendent relever la tête.
C’est le cas aux Verreries de Graville (Tourres et Cie –Groupe Saverglass) du Havre.

En octobre 2007, c’est la première grève d’importance des syndicats CGT et CFDT du site. 250 salariés - jeunes pour la plupart - se mettent en grève suite aux propositions provocatrices de leur direction en matière d’augmentation du pouvoir d’achat :
  • Paiement d’une partie des jours de repos cumulés
  • Répartition du 13ème mois de salaire sur les 12 mois de l’année
  • Remise en cause des 35H
  • Etc..
Pour des salariés qui avoisinent les 1300 € net par mois en travaillant par quart en 3X8 H et ont des durées hebdomadaires de travail pouvant aller jusqu’à 56 H, c’est réellement se foutre d’eux.
Après une semaine de luttes - jours et nuits - avec piquet de grève au portail de l’usine, le résultat n’est pas lourd. Cette première action syndicale est tout de même vécue comme une victoire par l’ensemble des salariés.

Le 19 décembre, huit salariés dont deux délégués CGT reçoivent chacun une lettre de la direction leur signifiant qu’elle envisage de procéder à leur licenciement. Six salariés sont convoqués à des entretiens préalables les 2 et 3 janvier 2008. Ils sont tous placés en mise à pied à titre conservatoire et ne peuvent pénétrer dans l’enceinte de l’entreprise en attente de la décision à venir. Les fêtes de fin d’année sont pour ces camarades et leurs familles de durs moments à passer.
Dans une usine où la peur règne, la mobilisation est très difficile. Les petits chefs relayant la bonne parole de la direction.
Conséquence, le 2 janvier, jour des premiers entretiens préalables, les salariés de l’usine n’arrêtent pas le travail et seule, la présence de délégations syndicales extérieures  assurent la nécessaire solidarité militante. La question se pose d’empêcher par la force (50 militants présents) les entretiens préalables (qui ne sont qu’une formalité obligatoire conduisant directement au licenciement). Cela ne se fait pas, une fois les militants partis, les salariés licenciés se seraient retrouvés bien seul avec cette nouvelle affaire sur le dos.

Le 8 janvier 2008, les lettres de licenciement tombent pour les six salariés. Quatre pages de motivation pour fautes lourdes : « …lors du mouvement social de fin octobre 2007, vous avez commis des actes illégaux totalement contraires à l’exercice normal du droit de grève, en particulier des actes d’entraves caractérisées à la liberté du travail des salariés non grévistes et à la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que des véhicules, sur les voies d’accès à l’entreprise, à l’entrée comme à la sortie » En fait, il leur ait reproché d’avoir mené une grève active !
On leur reproche aussi une « mise en péril de la sécurité des personnes et des biens » (Brasero à la porte de l’usine et gestion par le piquet de grève des entrées dans une usine à feu continu ne dépendant plus de la seule responsabilité de la direction et de ses cadres).

Ces sanctions interviennent près de deux mois après la survenance des faits reprochés.
Aujourd’hui, le climat n’est plus à la lutte, le ressort est cassé, les ouvriers se taisent et attendent… [NdlR : on notera que la CGT du Verre parle de "très forte mobilisation"...]
Un Comité d’entreprise extraordinaire s’est tenu concernant les faits reprochés aux deux délégués inclus dans la procédure. L’Inspection du travail  doit remettre son avis par la suite.
Depuis un des deux délégués, Bruno Cangon, secrétaire CGT du CHSCT, a tenté de mettre fin à ses jours par pendaison au sein même de l’entreprise. Il ne pouvait supporter l’éventualité de son licenciement. Après avoir été placé en observation à l’Hôpital du Havre, ses jours ne sont plus en danger.
Ceux–là même qui exploitent et paient une misère des salariés qui acculés au désespoir en viennent à vouloir mettre fin à leurs jours sont coupables et représentent la vraie délinquance.

Malgré tout la lutte se poursuit…
Envoyez vos messages de soutien et de solidarité syndicale et politique aux camarades, ils en ont besoin : cetourres@wanadoo.fr

Et envoyez vos messages de protestation à la direction : SAVERGLASS TOURRES et Cie, courriel : std@tourres.fr Fax : 02.35.53.31.84
Un militant CGT du Havre

02.01.2008

Le Havre : Concert de soutien à RESF

Pas de trêve pour la chasse à l’homme. Le réseau Education sans Frontières (RESF) et la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) du Havre sont mobilisés pour empêcher l’expulsion d’un père de famille nigérian. Un concert de solidarité est annoncé pour le 29 janvier.

L’histoire se passe au Havre, mais elle pourrait se dérouler dans n’importe quelle ville française. La famille Ogunleye a trois enfants âgés de trois ans, deux ans et quatre mois, tous nés en France. L’aîné est scolarisé dans une école maternelle havraise. Le second va dans une crèche.

Au Nigéria, le père était ingénieur mécanicien. La mère était avocate. Tous deux ont quitté leur pays pour rester en vie. Anglophones d’origine, les deux parents parlent aujourd’hui français et aspirent à s’intégrer professionnellement en France dès qu’ils en auront la possibilité. La famille Ogunleye ne demande qu’à mettre ses compétences au service de leur nouveau pays. Leurs enfants ne connaissent que celui-là.


Malgré leur histoire, les Ogunleye ont été déboutés du droit d’asile. Ayodeji Ogunleye a été arrêté le mercredi 19 décembre, dans le Loiret, lors d’un banal contrôle routier. Il a été expédié à la prison administrative pour étrangers du Mesnil-Amelot. Là où une révolte gronde depuis le 20 décembre. Cent vingt personnes sont emprisonnées dans ce centre de rétention, à deux pas des pistes de l’aéroport de Roissy… Malgré leurs conditions carcérales difficiles, malgré les menaces d’expulsion, malgré les intimidations, les détenus innocents ont réussi à s’organiser. Ils ont été rejoints par les trois cents détenus des deux centres de rétention de Vincennes. Une grève de la faim est suivie par certains prisonniers.

« Ils protestent contre leurs conditions de détention, mais aussi et surtout contre le sort qui est fait aux sans-papiers dans ce pays et contre la véritable chasse à l’homme dont ils sont l’objet, explique RESF dans un communiqué. Soumis à la pression de la politique du chiffre à tout prix, les préfectures et les services de police recourent à tous les moyens et à tous les stratagèmes pour interpeller, placer en rétention et expulser à tout va. Rafles dans les transports et dans les rues, descentes de police sur les lieux de travail et même dans les magasins comme cela s’est produit mercredi à Paris, convocations pièges, contrôles au faciès, interpellations à domicile, tout est bon pour faire du chiffre. Si monsieur Sarkozy prétendait aller chercher le pouvoir d’achat avec ses dents, ce sont les sans-papiers que monsieur Hortefeux va, lui, chercher avec ses dents pour tenter d’atteindre son objectif démentiel de 25 000 existences fracassées en 2007. »

« Le nombre des familles qui se tournent vers RESF ou la LDH a considérablement augmenté, indique une militante havraise. Les familles qui étaient en procédure OFPRA au moment de la circulaire Sarkozy n’ont actuellement aucune chance de pouvoir obtenir un titre de séjour. Le fait d’être débouté du droit d’asile, ne veut pas dire que ces familles puissent retourner sans craintes dans leur pays. Comble de l’absurde, certaines personnes ne sont ni expulsables ni régularisables. C’est comme ça que l’on fabrique des sans-papiers condamnés à vivre sans droits, à la merci d’employeurs peu scrupuleux. Il ne faut pas attendre malheureusement de notre gouvernement la régularisation des étrangers qui vivent en France depuis plusieurs années. Nous devons dénoncer cette situation et aider de notre mieux ces familles en empêchant leur expulsion. Après les dernières lois votées au parlement, durcissant notamment le regroupement familial, nous devons continuer à lutter contre l’application de ces lois xénophobes et racistes. Refusons que ces lois soient appliquées en notre nom. »

RESF existe au Havre depuis 2005. L’action de ces militants a permis de limiter la casse, d’accompagner les personnes menacées dans leurs épuisantes démarches administratives, de mobiliser enseignants et parents d’élèves autour de cas critiques, d’apporter un peu d’humanité dans des vies brisées par la terreur policière.

Pour poursuivre la lutte, RESF Le Havre organise un concert le 29 janvier, à partir de 18h30, à la Maison de l’Etudiant. Les Bidons d’Eole, Dominique Comont, 1 costard pour 2, les Tinun’s, les Josettes rouges et les 4 L assureront le spectacle.

Entrée : 10€ (5€ pour les étudiants, les chômeurs, les précaires).

Le site Internet de RESF permet de suivre le mouvement des sans-papiers dans les centres de rétention. Il donne également des informations sur les groupes RESF de chaque région. On peut y signer des pétitions, notamment pour soutenir Ayodeji Ogunleye.