21.06.2008
Türkiye : üç - bir

La phase finale du Championnat d’Europe de football arrive à sa fin. Le 1er tour s’est achevé et les quarts de finale ont commencé hier avec le Portugal qui n’a pas su contrer une Allemagne qui n’avait plus gagné un match en phase finale depuis l’Euro en Angleterre (96). Les Allemands ont su gagner de la manière qui fut quasiment toujours la leur, c’est-à-dire en sachant concrétiser tout en étant dominés (à la manière des Italiens mais avec un jeu aussi horrible pour le spectacle visuel) avec un jeu des plus ennuyeux. Et ce soir, c’était le second quart de finale avec la Turquie battue lors de son premier match de poule par le Portugal qui faisait figure de favori.
Pour ce second match à élimination directe, la Turquie rencontrait la Croatie qui avait justement battu l’Allemagne en poule. La Turquie, après sa défaite contre le Portugal, s’est qualifiée grâce à deux victoires : d’abord contre l’un des deux organisateurs de cet Euro (la Suisse) puis contre la République Tchèque (jouant un football non pas de pays slave mais aussi ennuyeux que celui de l’Allemagne basé encore plus sur le physique). Oui, mais cela en renversant deux fois la situation étant même menés 2 :0 par les Tchèques pour les vaincre 3 à 2 avec une expulsion de leur gardien.
Les Turcs qui se sont révélés depuis une décennie au plus haut niveau avec leur équipe nationale (3ème lors de la Coupe du Monde en Corée du Sud/Japon en 2002 – là où la France a dû revenir les pieds sur terre) et avec ses clubs stambouliotes (Galatasaray, Besiktas, Fenerbahce) en Coupe d’Europe, ont rejoué le même coup ce soir à la Croatie, qui joue un peu moins durement, en l’emportant aux tirs aux buts.
Alors que la presse en France n’avait d’yeux que pour Bilic l’entraîneur croate parce que très jeune, ex-professionnel ayant notamment joué en Angleterre, portant un anneau à l’oreille et guitariste d’un groupe de heavy metal avec, derrière, un public très nationaliste, la Turquie – pays géographiquement surtout asiatique mais qui appartient à l’Europe sportive depuis plusieurs décennies et qui ennuie de nombreux dirigeants politiques de l’Union Européenne et notamment en France – a encore fait, ce soir, un match d’anthologie.
Dignes d’un film d’Hitchcock, les footeux turcs l’ont emporté aux penalties en étant menés 1 à 0 en encaissant un but à deux minutes de la fin des prolongations mais en égalisant une minute plus tard (et il faudrait rappeler qu’en première mi-temps un penalty aurait pu être sifflé contre la Croatie (devenue indépendante au niveau football avant de l’être politiquement suite à des matches contre des sélections militaires des USA (eh oui !)). Encore plus que pour les deux matches précédents, ce soir, avec la Turquie, c’était : « Cardiaques s’abstenir ».
En plus de ce match sublime, nos amis turcs nous ont permis de ne pas nous esquinter les oreilles avec le rock de Bilic, cet entraîneur de la Croatie qui se la joue rebelle mais est surtout un nationaliste qui sait manier l’ambiguïté dans les paroles de son groupe. Car si la Croatie n’avait pas été arrêté, les marchands de musique auraient été capables de nous torturer les ouïes avec un son peut-être super mais cachant des paroles l’étant beaucoup moins.
Oui les Turcs ont encore gagné sur le fil en offrant ce que tout amateur de sport aime : action, suspens, retournement de situation, dénouement fatidique et la joie au final, soit des émotions qu’on trouve difficilement dans l’art cinématographique actuel et surtout dans le sport où l’arbitrage est très limite (monsieur l’arbitre, il y avait un penalty pour la Turquie en première mi-temps !).
Nous, nous sommes heureux pour la communauté turque de notre ville qui a une équipe battante et authentique et un entraîneur digne de sa fonction contrairement à la France avec un ancien bourreau des terrains (remember les plus âgés !) qui n’avait pas la loi et qui croit aux astres (mais la cage tricolore n’est pas resté Vierge et c’est avec l’anneau de Saturne que nos joueurs sont repartis !). En espérant qu’ils puissent faire la même chose contre l’Allemagne et ne se fassent pas piéger par cette équipe ennuyeuse qui jouera (presque) sur ses terres (l’Euro se déroule en Suisse et en Autriche !) lors de la demi-finale.
D’ailleurs, ce soir, c’était presque la fête dans notre ville pour cette victoire de nos amis turcs contre les Croates que jouaient en bleu. Mais dommage que d’autres qui sont en bleus (mais c’est leur métier) gâchent la nuit avec leurs véhicules poursuivant ceux qui ont célébré cette victoire synonyme de place sur le podium de cet Euro 2008 par des coups de klaxon réveillant une ville qui s’enfonce dans une léthargie profonde… Dieppe va-t-elle continuer à être une ex-ville ouvrière et maritime sans âme dans laquelle il faudra être friqué, vieux avec un peignoir blanc pour aller finir ses derniers jours à la thalasso (mot grec, désolé pour nos amis turcs mais c’est une preuve que l’immigration a toujours laissé des traces avec le temps en France et à Dieppe).
Türkiye sag ol ! ( Merci la Turquie)
par Raki Ballboa
07:40 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : turquie, euro 2008


