« Les citoyens pour la liberté de la presse | Page d'accueil | Un triomphe de sultan »
22.02.2008
Qui sont les "centristes"
Sur le site Aubervilliers à Gauche, publié par la liste PCF, LO, PT et citoyens, aux élections municipales d'Aubervilliers, on trouve un certain nombre de documents intéressants, comme cette reproduction d'un article de MOnde sur les "centristes".
Les alliés du PS
Centristes sans frontières
LE MONDE | 15.02.08 | 13h28 • Mis à jour le 16.02.08 | 11h37
A un peu plus de trois semaines des élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars, le paysage qui se dessine pourrait donner raison à François Bayrou. Les partis dominants, UMP et PS, connaissent des dissidences. Des alliances inattendues se forment. La bipolarisation classique, qui a dominé malgré tout, jusqu'à maintenant, la répartition du pouvoir dans les grandes villes, ne s'impose plus aussi facilement.
Plusieurs facteurs se conjuguent pour produire cette désagrégation. Le premier d'entre eux a été la défaite subie par la gauche à l'élection présidentielle et l'ouverture pratiquée par le vainqueur. Au temps du sarkozysme triomphant, il était prévu que cette stratégie se prolonge aux élections municipales afin d'activer, à la base, les ferments de division de la gauche. Des travaux ont été entrepris dans ce sens, avec l'adoption par la droite d'élus venus de la gauche.
Ce qui n'était pas envisagé, c'était un retournement de conjoncture rapide et brutal au détriment de Nicolas Sarkozy. Du coup, la droite est gagnée par le virus de la division. Une véritable crise d'autorité s'est installée au sommet du pouvoir et à la tête de la majorité. Qui décide ? Qui commande ? Le premier ministre est-il devenu le patron par défaut ? A qui obéit l'UMP ? Le vaudeville de Neuilly-sur-Seine en a été, pour tous les Français, le révélateur : le président de la République ne tient plus ses troupes, dans ce qui fut sa ville et dans ce qui est toujours son parti. Son affaiblissement entraîne une multiplication des cas d'indiscipline et même une petite mutinerie chez les élus de droite parisiens, traditionnellement indociles.
Mais la majorité n'est pas la seule à souffrir d'un manque de leadership. Le Parti socialiste a du mal, lui aussi, à imposer ses décisions, voire à les prendre. Le cas le plus flagrant est celui de Paris, où Bertrand Delanoë n'a pas écarté l'hypothèse d'un accord avec le MoDem au second tour de scrutin. Depuis trente ans, depuis les municipales de 1977, où il les avait très officiellement et solennellement rompues au profit de l'union de la gauche avec le Parti communiste, le PS a rejeté les alliances "centristes" dans les mairies. Aujourd'hui, il est divisé sur ce sujet.
La fronde des élus locaux et des militants contre les dirigeants des partis n'épargne pas François Bayrou. Ses arbitrages sont ridiculisés à Lyon, où l'on trouve de ses partisans sur les listes du maire socialiste sortant, Gérard Collomb, du challenger UMP, Dominique Perben, et du nouveau chef de file investi par le MoDem, Eric Lafond. Ce manque d'unité montre que le panache blanc de l'éternel candidat à l'élection présidentielle ne suffit pas à rassembler ses amis. Le député des Pyrénées-Atlantiques revendique crânement, dans cette diversité d'alliances et cette variété de positions, "la préfiguration de ce qu'il faudra faire un jour pour la France". Sauf que ce ne sont pas les autres qui tournent autour des centristes, mais ceux-ci qui se dispersent dans les deux camps. Le centre est (presque) partout, et sa circonférence nulle part.
Il reste qu'à défaut d'aider à construire une force structurée et cohérente, ces élections permettent que se conjuguent des situations et des intérêts divers pour maintenir en vie un centrisme distinct de la droite, où il a pour habitude de se fondre, et pris au sérieux par la gauche, qui pourrait en avoir besoin. Parce que le sarkozysme est en panne, parce que l'ouverture n'est plus aussi prometteuse qu'il y a quelques mois, parce que le PS ne s'est pas encore remis de sa troisième défaite consécutive à la présidentielle, le centre "maintenu" retrouve l'attrait d'une promesse de changement des comportements politiques.
Article paru dans l'édition du 16.02.08
10:18 Publié dans analyse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



Ecrire un commentaire